Finlande

Mardi 8 juillet 2008

C'est le thème d'un article intéressant paru sur Agoravox: link
Au-dela de l'aspect polémique, plusieurs éléments intéressants sur le système finlandais sont ici présentés de façon claire et concise. Bonne lecture!

Par Kevin
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Mercredi 16 avril 2008
Un second point assez impressionnant pour un étranger. La société finlandaise repose largement sur la confiance, et c´est assez impressionnant á voir fonctionner au jour le jour.
La parole a tout d´abord une forte valeur: si vous afirmez quelquechose, on vous croit a priori. Par exemple si vous dites que non, vous en êtes sur, ce n´est pas vous qui avez abimé ce livre emprunté á la BU, il était déja comme ca. Réaction de la bibliothécaire: OK, je vous crois et le problème est réglé. dans un autre style, un étudiant peut partir en plein milieu de cours, sans donner d´explications. S´il part c´est qu´il a quelquechose de plus important á faire. Et chaque étudiant entrant dans la fac laisse ses affaires á l´entrée, manteau, gants, portefeuille et portable dans certains cas. ca en dit long sur le degré de confiance! Je pourrais fournir des dizaines d´exemples de ce type, de petites choses qui surprennent toujours.
L´autre coté du miroir, c´est que la société finnoise est une société de l´ordre. un unique exemple pour illustrer ca: lorsque dans un bar, on vous dit “on ferme”, ce n´est pas dans un quart d´heure, c´est dans les 5 minutes grandmaximum! et rester trainer, c´est être franchement impoli!

 Du coup, les finnois ont une large tendance á tout croire… et parfois se faire un peu avoir. C´est l´histoire d´une finnoise á Prague, qui renter dans un bus sans ticket, se fait aborder par 2 types qui lui demandent son ticket, puis lui demandent une amende complètement délirante… quelle paye sans discuter. Avant d´apprendre quelques heures plus tard que l´amende classique est 10 fois moins importante.

J´ai eu l´occasion de parler voyage avec une copine finnoise. A la question “pourquoi aime tu voyager?” Elle a eu une réponse assez révélatrice: “ parce que je veux voir le vrai monde: celui qui souffre, celui ou on peut se faire faucher son sac au detour d´une rue. Pour elle, a bien des égards, la finlande, c´est une sorte de paradis: peu de violence, une société très saine, une réelle solidarité… C´est certainement une réponse un peu naïve, mais pour ce que j´ai pu en voir, elle témoigne assez bien de la réalité de la société finlandaise. C´est quelquechose d´assez impressionnant á voir fonctionner au quotidien, une somme de petites choses sans importance mais qui surprennent toujours.
Par Kevin
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Samedi 12 avril 2008

Cet article inaugure une petite série sur le pays que j´ai - et qui m´a - adopté le temps d´un semestre en Erasmus, et sur une société surprenante á bien des égards.

 

Commencons par une petite lecon de vocabulaire pour comprendre la logique multiculturelle finnoise : en finnois, il y a une différence entre un finlandais – un ressortissant de l´Etat de Finlande – et un finnois – une personne de culture et de langue finnoise. La citoyenneté (notion politique) et la nationalité (notion culturelle) sont donc immédiatement dissociées.

de la reconnaissance de ces minorités découle une égalité des droits, notamment linguistique : le suédois (5,3% de locuteurs) est une langue officielle dans tout le pays au même titre que le finnois. dans les Iles d´Aland, partie intégrante de l´Etat finlandais, il est même la seule langue reconnue. Une université á Abö/Turku est exclusivement suédophone. La minorité laponne (1500 personnes en Finlande) dispose d´un statut politique et linguistique spécifique, et notamment d´une télévision propre. L´archipel d´Aland dispose d´une autonomie politique quasi-totale et même d´une certaine représentation internationale, notamment au sein du Conseil Nordique.

 

En parallèle á cette mise en avant des langues minoritaires, l´anglais est très largement parlé en Finlande. A tel point qu´il est parfaitement possible aujourd´hui de vivre en Finlande sans parler un mot de finnois.

  

Cette logique culturelle s´explique certainement - entre autres - par l´histoire. Partie intégrante de la Suède jusque 1809 puis de la Russie tout au long du XIXeme siècle, la Finlande n´´a pas eu l´occasion de développer un état centralisé de type XIXème siècle et de développer une politique d´uniformisation culturelle dans un but « d´intégration nationale » comme d´autres Etats d´Europe. Au contraire, ses élites ont du absorber des cultures extérieures pour maintenir leur rang (Français, Suédois, Russe… au XIXème siècle la classe dirigeante parle tout sauf finnois). Et peut-être cette culture a t´elle abouti aujourd´hui á une acceptation très forte de l´anglais dans un but d´intégration á la société mondialisée.

 

Il est intéressant de voir que cette pratique de l´anglais ne met pas du tout en danger la cohésion de la société, bien au contraire. Si l´on peut vivre facilement en anglais, je pense qu´en revanche il est très dur de véritablement s´intégrer. L´obstacle linguistique ajouté á la réserve naturelle des finnois rend l´obstacle difficilement franchissable.

 

Au final, on a l´impression d´une société arrivée á un équilibre, entre cohésion nationale ou étatique, reconnaissance des cultures minoritaires et ouverture internationale. Mais ce qui est peut-être le plus impressionnant, c´est que, au moins au sein de l´université, celle-ci cherche toujours á penser de facon plus multiculturelle. Du moins est-ce la vision que j´en aie eu de par les activités culturelles et les cours dont la plupart sont á un degré ou un autre imprégnés de cette notion.

Par Kevin
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