minorités

Dimanche 26 juillet 2009


 

 

 

 

Et les paroles en prime.

 


Une chanson sur un thème à la fois récurrent et d’actualité s’il en est, à savoir l’immigration “économique”.

 

En Bretagne ces dernières semaines, C’est Rennes et Loudéac qui ont fait l’actualité. Alors que des détenus au centre de rétention de Saint jacques se sont empoisonnés pour éviter l’expulsion, le maire de la commune des Cotes d’Armor a refusé de marier deux personnes émigrées (hispano-marocaine et marocaine) en dépit des injonctions de la justice.

 

Sans vouloir faire de la philosophie de comptoir sur un sujet particulièrement complexe, il est pour le moins malheureux que les seules réponses apportées au débat dans l’hexagone, à gauche ou à droite, soient totalement binaires ; qu’elles tournent autour de la défense de l’identité dite nationale à la française, que ce soit pour refuser l’arrivée de personnes vues comme inassimilables ou pour réclamer l’assimilation totale de ces personnes à la culture française. Et l’idée de société multiculturelle ?

Pendant que nombre d’états occidentaux participent encore plus ou moins directement ou au minimum ferment les yeux sur l’exploitation des richesses, en particulier humaines, des Pays en Voie de Développement, la thématique du co-développement est laissée presque entière à l’extrème-droite qui s’en sert pour justifier son refus de toute arrivée d’ « allogènes ». Que du bonheur…

Par Kevin
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Mercredi 9 juillet 2008

 

Une petite réflexion sur la nature du nationalisme du Parti Breton, principalement inspirée de l’Ouvrage de Will Kymlicka « la citoyenneté multiculturelle – une Théorie libérale du droit des minorités » ainsi que d’un article de Daniel Weinstock « la neutralité de l’Etat en matière culturelle est-elle possible ? » déjà longuement disséqué ici même.

Pour ceux qui s’étonneraient d’un certain changement de ligne par rapport à l’article précédent, cet article avait été ébauché il y a un certain temps maintenant. Je viens juste de le retrouver au fond de mes cartons. Si cela m’a paru intéressant de le compléter et le publier, il doit être vu moins comme une vérité révélée sur ma vision du nationalisme que comme une volonté de recherche sur l’attitude que l’Etat doit tenir vis-à-vis de la culture et de l’identité culturelle.

 

 

 

Le Parti Breton propose une vision spécifique de l’organisation sociale basée sur la primauté de l’individu.

Pourtant, jusqu’à un temps très récent, de façon générale, les tenants de la démocratie libérale ont considéré que le respect de la liberté individuelle et de la justice sociale ne pouvait être compatible avec l’attribution de droits spécifiques à des minorités ethnoculturelles. Les libéraux se sont « donc le plus souvent mépris sur les implications de leurs propres principes de liberté, de justice et de démocratie » (Kymlicka).

 

 

Néanmoins, A partir de ce constat, on pourrait considérer l’idéal à atteindre comme celui d’un état neutre culturellement (ce qui bien sur permet d’évacuer le problème de droits réservés a une catégorie de population tout comme celui de la mise en place d’une culture commune par des moyens tout sauf démocratiques). Cet idéal n’est pas et ne peut être atteint dans le cadre des démocraties libérales actuelles. En effet, celles-ci sont par nature empreintes des références culturelles et linguistiques du groupe dominant, références qui font tellement partie du vécu du groupe majoritaire qu’elles ne leur apparaissent même plus comme une inégalité.

De plus, l’Etat ne peut par nature s’empêcher d‘intervenir dans le domaine culturel. Par exemple, il est un agent linguistique (communication avec ses citoyens, débat dans le cadre démocratique) et privilégie automatiquement une langue. La division du monde en Etats elle-même  consacre la domination moralement arbitraire de groupes culturels sur d’autres. Les frontières ne sont en effet dans beaucoup de cas que le fruit d’aléas historiques*.

Le fonctionnement politique comprend donc inévitablement une dimension nationale, dans la définition des frontières, le partage des pouvoirs, les décisions touchant à la langue d’usage ou le simple choix des jours fériés.

 L’Etat se fait donc par nature le vecteur des cultures dominantes. Et les droits individuels dans le cadre de cet Etat ne peuvent apporter de réponse à ce type d’inégalités. Non qu’ils s’y opposent, ils n’apportent tout simplement aucune réponse. Une nouvelle approche basée sur une logique de droits collectifs est donc nécessaire pour offrir une égalité de droits aux membres des minorités culturelles.

 

 

 

Cette approche est ici libérale. Son objectif fondamental est donc la défense des principes fondamentaux de la liberté individuelle de choix et la protection des libertés civiles et politiques individuelles. Elle cherche à accroître la capacité des individus à critiquer les modes de vie et coutumes propres à la tradition, en particulier étatique. Elle s’oppose donc par nature au communautarisme. Face à une conception ancienne de l’Etat et de la citoyenneté, face à une logique d’Etat nation imposant un unique modèle culturel, Elle cherche à faire correspondre les institutions étatiques aux demandes des citoyens.

 

 

L’intégration de droits spécifiques aux minorités est donc non seulement compatible avec les droits de la personne mais bien nécessaire pour garantir ceux-ci. Cela implique de dépasser le cadre de l’Etat-nation unitaire au profit d’une nouvelle conception de l’Etat et de la citoyenneté.

Cette évolution a déjà été entamée par la majorité des états d’Europe par la mise en place d’un fédéralisme multinational. On peut notamment citer les cas espagnol, belge ou britannique  avec la mise en place de droits spécifiques aux minorités nationales catalane, basque, galloise, écossaise ou flamande. Ces évolutions préfigurent l’avenir probable de l’Europe. En effet, avec la constitution progressive d’une union politique fédérale, les groupes formant des majorités nationales dans leur Etat vont devenir des minorités nationales d’un ensemble plus important. Elles chercheront donc à obtenir un statut leur permettant de protéger leurs spécificités au niveau européen.

 

La mise en place de cette nouvelle conception de l’Etat, de la citoyenneté et de la démocratie constitue aujourd’hui l’un des intérêts d’un projet politique nationaliste en Bretagne.

 

 

*Un simple exemple : Sans les invasions Vikings, l’Etat Breton et brittophone institué par Nevenoë se serait très probablement maintenu. Ce sont alors les haut-bretons gallaisants qui auraient été les victimes de la logique d’unification culturelle, et on parlerait certainement aujourd’hui Breton de Brest à Clisson. Ce qui bien sur n’aurait aucunement constitué un progrès par rapport à la situation actuelle du point de vue du processus de liberté culturelle.

 

 

 

 

Par Kevin
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Mardi 8 juillet 2008

Je trouve cet article  intéressant à plusieurs titres, et cette théorie plutôt séduisante ; à un niveau elle discrédite complètement la pertinence de l’engagement dans un parti politique exprimant un nationalisme minoritaire. A un autre, elle le rend à nouveau légitime, mais par défaut. C’est ce qu’on peut faire de moins pire dans un contexte ou l’état intervient de manière forte et, disons le clairement, de façon anti-démocratique au niveau culturel. C’est la seule forme de pression, la contre-attaque que l’on puisse utiliser pour tenter de provoquer un compromis, faire prendre conscience de l’immense bêtise que constitue l’implication de l’état au niveau culturel. Le risque, bien sur est « d’y croire » et ainsi de chercher à reproduire un modèle plus ou moins équivalent au niveau ou la minorité constitue une majorité, comme cela se passe apparemment dans certains territoires. C’est l’erreur que fait probablement une majorité de personnes au sein de l’Emsav actuel - compris au sens le plus large -.

 

Tout engagement raisonné dans un parti dit Breton est-il alors un simple engagement par défaut, qui n’aurait plus de justification si l’Etat modifie sa logique en matière culturelle ? Non !

Dans mon cas, c’est un engagement en faveur d’un projet d’équilibre, un engagement fondamentalement libéral (au sens politique du terme, dont la finalité est la défense des droits individuels donc), fait au niveau breton parce que c’est dans ce territoire que je me reconnaît. Il aurait très bien pu se faire dans un parti agissant au niveau hexagonal si je m’y était reconnu, l’important n’est pas la.

Ensuite, il y a d’autres points, évidemment. Dans un contexte ou même a minima (si on prend l’hypothèse de Weinstock), l’état intervient par nature en matière identitaire, il faut tenter d’équilibrer au maximum les niveaux de pouvoir, local, breton, européen. Et enfin parce que nombre d’habitants de la Bretagne se reconnaissent dans le niveau breton ; en vertu du principe selon lequel la division politique doit correspondre au territoire vécu, l’échelon breton se doit d’être reconnu politiquement.

Ces raisons sont imparfaitement définies - il faudrait bien plus d'un article de blog pour cela - et même dans une certaine mesure contradictoires. Je suis à la foi attaché à la préservation de la diversité culturelle, même grâce à l’aide de l’Etat, et attaché à un idéal de laisser-faire total vis-à-vis de l’individu.

Plus ou s’instruit sur un sujet, moins on a l’impression d’en savoir, et moins on peut adopter une position tranchée…                                  

 

Je termine sur une dernière idée : que la notion de minorité dépasse largement le cadre des minorités nationales, mais englobe toutes les dimensions d’identités partagées. Ne prendre en compte que la dimension nationale, C’est rater le fond du problème. Car si la culture, langue a droit de cité dans la politique et l’Etat, pourquoi la religion par exemple ne l’aurait t’elle pas ?

C’est la toute l’imposture du modèle étatique français. Il se veut et se présente comme un modèle universaliste qui refuse de promouvoir une identité (religieuse par exemple) au dépend d’une autre. Sauf  que dans un secteur précis, celui de l’identité culturelle, ce système se voulant universaliste a mis en place sur le temps long la politique la plus coercitive et nationaliste d’Europe.

Ne prendre en compte que la dimension nationale/culturelle dans la définition de minorité revient à reproduire le même genre de schéma à l’échelon inférieur. Alors, prend-on en compte toutes les identités ou aucune, autant que possible ? Sachant que dans tous les cas la prise en compte sera imparfaite (impossibilité de prendre en compte tous les groupes, impossibilité d’une neutralité absolue de l’Etat), doit-on tendre vers le « tout » ou le « rien » ?

Par Kevin
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Mardi 8 juillet 2008

Vu sa taille, je divise cet article en deux partie : le résumé d’un article suivi d’un commentaire plus personnel.

 

 

J’ai eu récemment une discussion poussée avec un ami sur la place de l’identitaire dans le champ politique. En gros résumé, pour lui, l’identitaire et la culture nationale en général sont le fruit d’une construction de l’Etat ou du moins d’une classe dominante. Pour lui, l’identité, propre à chaque individu, ne regarde que lui, et en aucun cas l’Etat n’a à mettre le nez dedans sous quelque forme que ce soit.

 

Cela m’a incité à me replonger dans l’excellent article de  Daniel Weinstock « la neutralité de l’Etat en matière culturelle est-elle possible ? ». L’auteur se définit comme libéral, « opposé au nationalisme, au communautarisme (…) et à la place prépondérante qu’occupe dans les débats (…) le discours de l’identitaire ». A ce titre,  S’il s’oppose au nationalisme minoritaire,  il critique tout autant les états nations libéraux et qui « sont par leur investissement du champ identitaire et culturel parmi les premiers à remettre en cause l’individualisme moral dont ils se prétendent pourtant être les ardents défenseurs ». Expressions politiques « minoritaire » et « majoritaire » dans l’Etat sont ainsi renvoyées dos à dos sous le vocable de communautarien.

 

 

 

L’Etat-nation libéral  est théoriquement neutre, représente les intérêts de tous ces citoyens, et n’accorde aucun avantage à un groupe précis au détriment des autres.

Selon la critique communautarienne, cette position ne tient pas à l’analyse : dans les faits, l’Etat est empreint des références linguistiques culturelles, religieuses, de la majorité. L’Etat agit par nature dans le domaine culturel, et ne peut faire preuve de neutralité rigoureuse vis-à-vis des différents groupes, pour différentes raisons :

-         c’est un agent linguistique, il doit communiquer avec ses citoyens et doit privilégier un                   nombre restreint de langues pour des questions pratiques.   

-         La démocratie libérale elle même est culturelle : elle est le produit de certaines sociétés a une période historique donnée. Elle ne peut donc parfaitement correspondre a certains groupes minoritaires. (ex : dans le culte catholique, la figure d’autorité est bien plus importante que dans le protestantisme)

-                La division du monde en états consacre domination arbitraire de certains groupes à l’origine desdits états. Construction des états est le fait du hasard historique. Certains groupes n’avaient pas vocation à dominer et d’autres à être dominés.

 

S’ils sont d’accord sur le constat, nationalistes étatiques et « particularistes » se divisent sur la solution à apporter.    

Pour les nationalistes étatiques, il faut une identité commune pour que institutions d’une démocratie libérale soient viables. Puisque l’interpénétration Etat/Culture est inévitable, il faut que tous les citoyens se retrouvent dans la culture que l’état véhicule : d’où une logique d’assimilation forcée et une logique de construction nationale-étatique. Cette construction est fondamentalement injuste, coercitive, et remet en cause les droits individuels, réduit la liberté de choix de vie. Ou alors elle est inefficace, si l’Etat laisse des identités minoritaires fortes, celles-ci peuvent à tout moment se développer dans la sphère publique, le politique, et rendre caduque l’identité commune.

Pour les particularistes : il faut donner aux minorités les mêmes droits qu’a de fait la majorité dans l’Etat nation. Chaque minorité doit avoir un espace institutionnel ou exprimer son identité. Cela aboutit à une logique de dispersion du pouvoir et de citoyenneté fragmentée, multiculturelle. L’autonomie politique nécessaire à la minorité pour se protéger des pressions induites de la majorité .Le principe est, en quelque sorte, de faire que les minoritaires soient toujours majoritaires quelque part. Cette logique pose également différents problèmes :

Ou doit-on s’arrêter? Faut-il accorder les mêmes droits aux groupes religieux ? aux joueurs de boules ? Une identité aujourd’hui, ce n’est pas uniquement la sphère ethno culturelle, c’est multipolaire. La limite posée à la reconnaissance des minorités sera par nature arbitraire.

De plus, chaque individu appartient à un grand nombre de groupes, pas à un seul. Si on donne des droits collectifs à un groupe, on l’institutionnalise, on le rigidifie,  on renforce sa hiérarchie, il est plus dur de changer de groupe et de conserver sa liberté individuelle.

Enfin, l’Etat de droit garantit quand même les droits individuels les plus fondamentaux ; un groupe qui s’autonomise de l’Etat le fait parfois pour garder une position de subordination sur ses membres : deux exemples en sont les droits des femmes dans les groupes religieux ou le  refus dans une minorité de laisser ceux qui le veulent accéder à langue de la majorité.

 

 

   On voit donc que dans les deux cas les risques sont analogues : il faut éviter que les institutions deviennent les véhicules de formes de vie culturelles au nom desquelles on se sent autorisé a court-circuiter les libertés individuelles. On aboutit donc à une impasse avec dans les deux cas des réponses très imparfaites.

Comment alors arriver à une véritable neutralité culturelle de l’Etat ? On peut tendre vers cet idéal si l’Etat parvient à se dissocier largement de la culture de la majorité.

 

C’est alors toute la critique communautarienne (majoritaire comme minoritaire donc) qui doit être remise en cause.

-         langue commune pour communiquer avec l’Etat reste effectivement nécessaire. Mais cette langue commune peut rester une langue étrangère, non maternelle, pour minorités (et donc être uniquement enseignée comme telle, comme langue étrangère). De plus, la langue commune ne doit pas être considérée comme consubstancielle a l’état mais rester purement un outil technique. Et en cas, par exemple, d’immigration massive qui ferait changer la majorité linguistique au sein de l’Etat, elle peut parfaitement changer. L’Etat doit s’adapter à la population et non l’inverse.

-         La démocratie libérale  est certes issue d’une certaine culture (occidentale, XVIIème siècle…) : mais peut et doit être amenée a se développer dans une logique ou aucune conception de la vie bonne ne domine, et ainsi se détacher de ses référents culturels. Elle doit devenir un régime purement « technique, » a-culturel.

-         Dans une démocratie qui marche bien, c’est la politique du consensus qui joue, pas la majorité qui s’impose a la minorité. il faut une démocratie délibérative ou citoyens tenteront de se convaincre du bien fondé de leurs positions plutôt que passer par l’épreuve de force. Seuls une forte tradition démocratique alliée à des institutions efficaces sont nécessaires.

 

Quels sont alors les avantages d’un Etat neutre culturellement ?

-         Le discours identitaire a quel niveau que ce soit, tendance a défendre des positions politiques non pas sur des raisons partageables et intelligibles par l’interlocuteur mais en invoquant l’identité a laquelle telle ou telle position est intrinsèquement liée. Cela inhibe l’échange de raison, bloque le débat et  la démocratie délibérative.

-         Cela rend plus difficile les compromis. Remettre en cause son identité, c’est remettre en cause son intégrité, on fait monter les enchères. C’est différent de valeurs ou d’intérêts « logiques » sur lesquels on peut facilement faire des compromis.

 

Faut t’il pour autant reprocher aux partis représentant les minorités d’être des mauvais joueurs dans le jeu démocratique ? Non, cela peut être tout a fait rationnel, c’est une posture de défense qui augmente le prix que l’adversaire aura à assumer dans le débat. Mais cette opposition reste délétère à long terme pour une démocratie saine.

Le problème de fond, c’est que l’état se comporte lui même comme entrepreneur identitaire ; du coup à partir du moment ou il entend créer une identité commune et mettre en oeuvre tout les moyens coercitifs dont il dispose pour atteindre cet objectif, il est logique que les minorités ripostent sur le même terrain. Si on veut aboutir à une démocratie délibérative et éviter ce climat d’affrontement, l’état doit abandonner le terrain culturel.

Par Kevin
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Vendredi 13 juin 2008

YEN – Youth of European Nationalities – est une association qui regroupe des mouvements agissant dans le champ de la jeunesse et dans le cadre des minorités nationales en Europe.

Elle a pour vocation de permettre aux jeunes de minorités de se rencontrer et d’échanger ainsi que d’assurer une représentation au niveau européen. Elle intervient par exemple auprès du Conseil de l’Europe ou au sein du Forum de la Jeunesse.

 

J’étais présent au dernier congrès de YEN à Gravenstein, sur le territoire de la minorité allemande du Danemark. L’ambiance est un mélange de travail (un peu) et de fête et de rencontres (beaucoup), une sorte d’équivalent international de l’université des Jeunes en Bretagne. Cela permet de découvrir des territoires et des minorités d’Europe dont on ne connaît rien (Connaissez vous la Kashubie ou les aroumains ? Avant Gravenstein, moi non plus…), c’est une façon plutôt ludique de découvrir la communauté européenne !

 

Ce congrès était centré sur la découverte du fonctionnement des institutions européennes et le développement de la minorité allemande du Nord-Schleswig (Danemark). L’assemblée générale a également été l’occasion d’évoquer le sujet des nouvelles minorités issues de l’immigration. Une motion exprimant la solidarité de YEN vis-à-vis de ces nouvelles minorités, dont les problèmes sont dans bien des cas identiques aux nôtres, a été adoptée.

 

A fortement recommander à tous ceux pour qui le mot Europe à un sens !

 

En supplément, une interview de Hester Knol, nouvelle présidente de YEN.
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=11071

et le congrès en images:
http://www.youtube.com/watch?v=BkYkpMbCQQU&feature=related

Par Kevin
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Vendredi 11 avril 2008

Il y a 10 ans étaient signés les accords dit du « Vendredi Saint », censés mettre fin á 30 ans – ou bien plus si l´on remonte aux racines du conflit - de violence en Irlande du nord.

Un article très intéressant du Taurillon profite de cet anniversaire pour revenir sur la prospérité actuelle de l´ile et l´avenir institutionnel de l´Irlande du Nord et des Iles Britanniques en général.

 

Aujourd´hui, en apparence, l´Irlande du Nord avance rapidement sur le chemin de la paix. Suite au violent conflit des années 70-80 entre l´IRA et l´armée britannique et les milices protestantes, l´Armée républicaine irlandaise a su déposer les armes en position de force. Malgré quelques attentats, du fait des plus extrémistes des deux camps, la paix a pu s´installer. et l´Irlande du Nord commence enfin á connaitre la prospérité du reste de l´ile. La page est-elle définitivement tournée ?

  

Malgré la paix, Tout ne semble cependant pas aussi rose : Aujourd´hui, ce sont les partis les plus radicaux qui á chaque élection remportent de plus en plus de suffrages. Coté Unioniste, le DUP de Ian Paisley, pasteur protestant violemment opposé aux accords du vendredi saint, a véritablement écrasé les modérés de l´UUP de David Trimble aux élections au parlement britannique de 2005. Coté nationaliste, le Sinn Fein (ancienne branche politique de l´IRA) grignote peu á peu l´électorat  du Social Democratic and Labour Party, et l´a pour la première fois devancé aux élections européennes de 2003. Aujourd´hui, sur 18 députés Nord irlandais au parlement britannique, 14 représentent la tendance « dure » (9 DUP et 5 Sinn Fein) et seulement 4 les partis dit modérés encore majoritaire il y a peu ( 1 UUP – unioniste – et 3 SDLP ).

Depuis mai 2007 et jusqu´au mois dernier, le gouvernement issu des accords du vendredi saint était dirigé par un premier ministre unioniste, Ian Paisley, connu pour sa haine des nationalistes irlandais… secondé par un ancien de l´IRA, Martin McGuinness. La démission du premier il y a quelques jours pourrait selon un certain nombre de médias encore  aggraver les problèmes de cohabitation au sein de l´exécutif.

 

D´autres signes peuvent également inquiéter. Par exemple, les écoles interconfessionnelles sont en baisse constante, et en dépit de l´arrêt des violences, chaque communauté semble se replier sur elle-même.

 

C´est dans ce contexte que les catholiques, qui forment actuellement 48% de la population, pourraient devenir majoritaire du fait de l´évolution démographique. ce qui ne peut évidemment rien résoudre. L´Irlande du Sud ou Eire n´acceptera pas une réunification de l´ile qui reviendrait á importer sur son territoire les problèmes de l´Irlande du Nord et une possible reprise des violences, avec cette fois ci les unionistes britannique dans le rôle de la minorité opprimée.

 

Alors, quel avenir pour l´Irlande du Nord ? Seule une logique de gouvernance supranationale semble pouvoir garantir un avenir pacifié pour la région. L´accord du vendredi Saint a esquissé une telle voie ( voir l´article du Taurillon ). Reste á la développer… et si elle réussit s´en inspirer pour les conflits de même nature dans les Balkans ou ailleurs.

Par Kevin
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