Election bretonne, dimension européenne (2). Christian Troadec invité de la maison de l’Europe de Rennes mardi 26 janvier.

Publié le par Kevin

La maison de l’Europe de Rennes organise en ce moment, en partenariat avec le Mouvement Européen, les Jeunes Européens et Sauvons L’Europe, des auditions des principales têtes de listes aux régionales en Bretagne administratives. Le thème ? Bretagne et Europe. Au cours de ces entretiens, les candidats peuvent expliquer leur vision de l’Europe, et leur ambition pour que la Bretagne qu’ils souhaitent présider soit un  véritable acteur de la construction européenne. 

 

Guy Hascoët (EE), Bruno Joncour (Modem), Bernadette Malgorn (UMP) et JY Le Drian (PS) ont été auditionnés au cours des derniers jours, Christian Troadec fermant la marche mardi prochain [1].

 

A mon grand regret, je n’ai pu me rendre qu’à l’audition de JY le Drian jeudi soir. L’interview/débat a duré deux heures sur des sujets comme les valeurs européennes qu’il souhaite défendre, les sujets prioritaires pour l’Europe de demain, son action au niveau européen en temps  que président de régions sortant, la question de l’Europe des régions, les questions de l’énergie et de l’environnement au niveau breton et au niveau européen…

 

J’aie retiré de cette audition une impression à la fois plutôt positive et très mitigée. Plutôt positive parce que visiblement JYLD connaît son sujet (contrairement à d’autres candidats, d’après les échos que j’ai eu) et le prend au sérieux. Il a un certain bilan à la sortie de son premier mandat, que l’on peut critiquer sur un certain nombre de points, mais qui n’en existe pas moins. Et il est je pense plus en faveur de l’Europe que la majorité de son parti.

 

Mitigée parce que… au final je n’ai pas trouvé un projet clair pour l’Europe ni pour la Bretagne en Europe. JYLD a beaucoup défendu son bilan point par point (notamment son action au sein du comité des régions ou la conférence des régions périphériques maritimes), a formulé clairement les dangers pour l’Europe (risque de disparition ou de dévoiement du FEDER par exemple, ainsi que du FEP (fond européen des pèches)) et les limites de son action. On peut d’ailleurs retrouver des choses à redire sur ce bilan, par exemple autour de l’attribution des crédits du FEDER (question du fléchage) pour la LGV inter-bretonne.

 Mais il n’a pas apporté de projet fort pour résoudre ces problèmes, se reposant quasi uniquement sur sa culture politique européiste, voir surfant à la limite du pléonasme (« [nd : pour une efficacité d'action]  Il faut une régulation par la norme au niveau européen si il n’y a pas d’incitation budgétaire. «  Effectivement s’il n’y a pas l’un, il faut l’autre ! Ou alors autant fermer boutique.  Quand on pèse 20 Milliards d’euros comme le Pays de Galles, on peut être écouté à Bruxelles, il faut que les régions se lancent il faut montrer que nous aussi pouvons faire l’Europe. OK, mais qu’allez vous faire M. Le Drian pour donner un tel poids à la collectivité bretonne durant votre mandat ?  Je veux que mes concurrents soient clairs sur le rôle de la commission : l’UE doit elle rester une addition d’états ou ceux-ci doivent-ils être dépassés par le haut ? Dire cela n'engage pas à grand-chose parce que la question n’est pas la : les Etats sont déjà dépassés par le haut sur certains points. L’UE est déjà plus qu’une confédération, la vraie question c’est : faut-il aller plus loin vers le fédéralisme ? Et là pas de réponse. Un peu léger tout ca…

 

 

C’est cela que j’attend d’un candidat pour ma part : qu’il ne reste pas dans le purement technique destiné uniquement aux spécialistes (même si c’est indispensable et si cela crédibilise clairement le propos !), mais qu’il présente un projet fort et des idées claires pour l’Europe de demain.

 

Rendez vous avec Christian Troadec mardi soir pour la dernière.

 

 

[1] Mardi 26 janvier, à 20 heures, à l’Espace Ouest-France, 38 rue du Pré-Botté à Rennes. Entrée libre et gratuite.

 

 

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