Bikini – revue pour une culture pop en Bretagne.

Publié le par In(ter)dépendant

Une nouvelle revue culturelle arrive en Bretagne. C’est gratuit, ça s’appelle Bikini, sous titré « société et pop culture ». Bimensuel, une cinquantaine de pages en format A5, distribué dans les lieux culturels, les facs…

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Comme souligné dans l’édito, Bikini a pour ambition de traiter « avec la même considération l’ensemble des phénomènes. Qu’ils soient minoritaires ou grand public, émergents ou installés, indé ou institutionnels. […] Bikini se revendique mainstram et pointu, spécialisé et transversal. Le dynamisme culturel est une réaction en chaîne à tous les niveaux. Seule l’action est importante, pas son domaine d’exécution ». En tout cas, la bonne intention est là.

On commence par une quinzaine de pages de brèves ou de courts articles : principalement des annonces de concerts et autres évènements culturels (une expo sur le nanar, pardon, le cinéma de haute volée en Bretagne dans les années 70, mais aussi danse, jeux vidéos…), parfois en mode rubriques décalées : sélection des concerts à ne pas voir, quel concert voir avec son petit frère… Le tout complété par quelques sujets plus éclectiques : en vrac, les développement des coffee house, les marques de fringues bretonnes et pourquoi toutes les boutiques Marc Dorcel de l’hexagone se trouvent chez nous, sans oublier la dispensable rubrique foot bzh.

Place ensuite aux choses sérieuses : les présentations d’une dizaine d’artistes qui feront l’actu en Bretagne dans les deux prochains mois : musique principalement (I come from pop, Yelle…) mais aussi bd et street-art. Un beau panorama, avec mention spéciale au trio electro-rock brestois Im Takt et aux québécois de Misteur Valaire.

Des articles thématiques complètent le tableau. En vrac : les jeunes charrues (rétrospective intéressante), rencontre avec un raëlien de Rennes (un peu foireux comme sujet…), les toilettes publiques en Bretagne (Oui on apprend des trucs. Si, si…) le renouveau du roller derby (chouette article sur ce sport réservé aux filles, et ou pas mal de coups sont permis ; ambiance punk, trash, sexy), et surtout « la plouc culture est-elle branchée ? ». Mention spéciale : entre l’interview d’un vendéen - MC circulaire -, les raccourcis et les caricatures, le résultat est à la fois collector et franchement moyen. C’est dommage car le sujet était loin d‘être inintéressant, autour des questions de revalorisation de cultures marginales, mais pour lui donner de l’intérêt il aurait fallu aller un peu plus loin que le paté hénaff et la bavaria. A mélanger ramoneurs de menhirs et mc circulaire, stered et à l’aise breizh, ca donne juste l’impression d’une barrière étanche entre les bouseux bretons d’un côté et la culture contemporaine de l’autre. Et silence sur toute la culture contemporaine bretonne. Bref, labour zo, comme disent les ploucs… Un prochain numéro sur Skilda, DJ Blue ou même Tal-Coat ?

 

Au final, l’impression reste globalement positive. Les articles sont bien écrits, abordent des sujets intéressants et décalés, et sont accompagnés de photos sympas. Mention spéciale aux titres, entre « chattes roulettes » et « désir d’avenir ». Tout ça apporte beaucoup d’idées de sorties… Un gros passif en revanche : ce magazine consacré à la culture en Bretagne… a oublié la Loire-Atlantique en chemin. Dans tous les cas, pour un magazine s’affirmant breton, c’est foireux. Lorsqu’en plus il est spécialisé dans la culture,  ça devient carrément impardonnable. Et dans le cas de la pop culture, c’est d’autant plus con que Nantes est de loin la ville bretonne la plus dynamique. Du coup on cherche vainement la chronique des concerts à l’Olympic ou l’actu du Lieu Unique. Espérons que les rédacteurs sauront corriger le tir sur leur définition de la Bretagne, d’autant plus qu’à part ça et les erreurs de jeunesse, Bikini apporte un bon moment de détente et un éclairage culturel intéressant… pour une partie du pays.

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