Balle au centre – Bâtir la tendance démocrate

Publié le par In(ter)dépendant

Alors que la campagne tourne, malgré les efforts de certains, quasi exclusivement autour du clivage droite-gauche, la présence de centristes démocrates apparaît plus que nécessaire au sein du prochain Conseil régional de Bretagne. C’est cette présence qui est le mieux à même d’assurer la présence des questions transversales au clivage droite gauche : relation de la Bretagne à l’Europe, questions écologiques, question des libertés individuelles, développement des universités, etc. Si le CR n’a pas forcément la compétence, pour paraphraser C. Troadec, ça ne l’empêche pas de mener une politique ! C’est la volonté des élus qui compte.

 

Le Modem breton peut-il jouer ce rôle ? Si l’on regarde la campagne des régionales, on voit clairement un décalage entre l’électorat de ce mouvement, équilibré entre centre gauche et centre droit voir plus de centre gauche, et ses candidats, tous ou quasi de centre-droit : Bruno Joncour, tête de liste, a été élu de la majorité de droite du Conseil régional sous Y. Bourges puis J. de Rohan depuis…. 1986 ! J’avais deux ans et certains candidats n’étaient même pas nés. Toutes les têtes de files départementales penchent également au centre-droit. Dans le Morbihan, sur les 9 premiers candidats, 8 sont élus de listes orientées à droite, notamment à Lorient, Vannes ou Pontivy (le dernier est non élu).

Soyons clair, si je me reconnais moi-même plus dans le centre-gauche,  je me sens plus proche des idées démocrates ou de centre-droit que de celles de la gauche dure, et j’apprécie beaucoup certaines personnalités de cette tendance ( à commencer par Isabelle Le Bal qui justement est sur la liste Modem), sinon je ne serai pas au Parti breton. L’union des modérés fait la force ! C’est avant tout le projet des candidats qui compte, en particulier au niveau local. Mais il y a tout de même un équilibre à respecter, sinon cela revient, sous couvert de centrisme, à favoriser l’idéologie de droite et les copinages locaux au détriment du projet démocrate.

 

Le Modem breton a pour le moment échoué sa mutation pour cause d’une classe politique traditionnelle accrochée à son pouvoir (mais restée au Modem par fidélité à F. Bayrou ?). Pour les régionales, il se trouve maintenant dans l’impasse : sans possibilité de dépasser les 10% au premier tour qui lui assureraient une représentation autonome, il ne peut pas d’avantage s’allier à la majorité socialiste pour cause de présence du PCF, et sera donc sauf énorme surprise absent du prochain Conseil régional.

 

Que peut faitre le Parti breton au sein de la liste Nous te ferons Bretagne ? Maintenir l’équilibre en présentant des candidats démocrates, ne fermer aucune porte pour le second tour, assurer ainsi une présence démocrate au Conseil régional de Bretagne et… ne pas hésiter à donner de la voix lorsque les choses ne vont pas dans le bon sens. On peut être « centriste », sans être « mou » !

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