Autour de Nantes et d'Estuaire...

Publié le par Kevin

On apprenait il y a quelques jours que Martine Aubry (maire de Lille en plus d'être 1ère secrétaire du PS), a négocié avec l'un des plus célèbres collectionneurs d'art contemporain au monde, Charles Saatchi, la venue temporaire d'une partie de l'exposition de la Saatchi Gallery (LE lieu référence de l'art contemporain à Londres) dans sa ville.

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http://www.lexpress.fr/actualite/indiscret/la-saatchi-gallery-delocalisee-a-lille_773719.html


Saatchi est en particulier reconnu pour avoir suscité l'émergence du courant des Young British Artists à la fin des années 80 et en particulier de Damien Hirst  (dont l'œuvre permet une discussion sans fin sur la nature et les limites de l'art... à découvrir !). Il s'agit évidemment d'un extraordinaire coup de pub pour la ville de Lille.


Alors que Nantes est la ville de l'hexagone à dépenser la plus forte proportion de son budget entre culture et patrimoine, qu'attend l'équipe de JM Ayrault pour produire un évènement équivalent ? Une vache coupée en 2 (Mother and child divided  - Turner Prize 1995) de Damien Hirst, ça aurait quand même plus de gueule que les loups faméliques que l'on voit actuellement déprimer pour Estuaire dans les douves du château des ducs !



Ce qui amène à une seconde question : quel sens ont des évènements ponctuel comme la biennale Estuaire ou un Saatchi happening pour construire la culture et au delà l'image d'une ville ?

On peut considérer que estuaire a pour principal intérêt de faire du lien entre les agglomérations de Nantes et Saint-Nazaire en plus de représenter un symbole d'ouverture sur l'extérieur (estuaire...). Mais est ce que ça suffit pour faire un vrai projet de territoire ? Est-ce que cela permet de porter l'image d'une ville ou d'un pays ?

En revanche, Estuaire  en investissant différents lieux de vie, en particulier de Nantes, a certainement l'intérêt de permettre un accès plus large du public, une démocratisation plus forte de l'art. De plus, quelques œuvres ont été pérennisées comme les anneaux de Buren près du Hangar à bananes, d'autres devraient prochainement les rejoindre pour contribuer à installer l'art contemporain dans le paysage.


Cependant, il manque un lieu structurant pour l'art, un structure muséale qui soit elle-même une œuvre d'art et puisse servir de véritable symbole et de lieu structurant à la démarche engagée dans le cadre d'Estuaire. Une structure type musée Guggenheim Bilbao (autant prendre les plus grands comme modèle !!) qui a à lui seul fait de la ville une vitrine de l'art contemporain en Europe.


Au-delà d'Estuaire, vu son engagement dans la culture, Nantes aurait probablement les reins assez solides pour contribuer à porter un projet de ce type. Une différence importante avec Bilbao cependant : le musée Guggenheim est le fruit d'une volonté forte de la communauté autonome basque d'agir pour développer l'art et l'image du pays. Nantes est coincée dans une région Pays-de-Loire sans identité, sans projet, sans légitimité. Comment dans ce cadre un projet ambitieux ayant vocation à faire de Nantes LE lieu de l'art contemporain en Bretagne pourrait-il voir le jour sans un soutien de toute la communauté ?

 

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