Finlande ou la société multiculturelle.

Publié le par Kevin

Cet article inaugure une petite série sur le pays que j´ai - et qui m´a - adopté le temps d´un semestre en Erasmus, et sur une société surprenante á bien des égards.

 

Commencons par une petite lecon de vocabulaire pour comprendre la logique multiculturelle finnoise : en finnois, il y a une différence entre un finlandais – un ressortissant de l´Etat de Finlande – et un finnois – une personne de culture et de langue finnoise. La citoyenneté (notion politique) et la nationalité (notion culturelle) sont donc immédiatement dissociées.

de la reconnaissance de ces minorités découle une égalité des droits, notamment linguistique : le suédois (5,3% de locuteurs) est une langue officielle dans tout le pays au même titre que le finnois. dans les Iles d´Aland, partie intégrante de l´Etat finlandais, il est même la seule langue reconnue. Une université á Abö/Turku est exclusivement suédophone. La minorité laponne (1500 personnes en Finlande) dispose d´un statut politique et linguistique spécifique, et notamment d´une télévision propre. L´archipel d´Aland dispose d´une autonomie politique quasi-totale et même d´une certaine représentation internationale, notamment au sein du Conseil Nordique.

 

En parallèle á cette mise en avant des langues minoritaires, l´anglais est très largement parlé en Finlande. A tel point qu´il est parfaitement possible aujourd´hui de vivre en Finlande sans parler un mot de finnois.

  

Cette logique culturelle s´explique certainement - entre autres - par l´histoire. Partie intégrante de la Suède jusque 1809 puis de la Russie tout au long du XIXeme siècle, la Finlande n´´a pas eu l´occasion de développer un état centralisé de type XIXème siècle et de développer une politique d´uniformisation culturelle dans un but « d´intégration nationale » comme d´autres Etats d´Europe. Au contraire, ses élites ont du absorber des cultures extérieures pour maintenir leur rang (Français, Suédois, Russe… au XIXème siècle la classe dirigeante parle tout sauf finnois). Et peut-être cette culture a t´elle abouti aujourd´hui á une acceptation très forte de l´anglais dans un but d´intégration á la société mondialisée.

 

Il est intéressant de voir que cette pratique de l´anglais ne met pas du tout en danger la cohésion de la société, bien au contraire. Si l´on peut vivre facilement en anglais, je pense qu´en revanche il est très dur de véritablement s´intégrer. L´obstacle linguistique ajouté á la réserve naturelle des finnois rend l´obstacle difficilement franchissable.

 

Au final, on a l´impression d´une société arrivée á un équilibre, entre cohésion nationale ou étatique, reconnaissance des cultures minoritaires et ouverture internationale. Mais ce qui est peut-être le plus impressionnant, c´est que, au moins au sein de l´université, celle-ci cherche toujours á penser de facon plus multiculturelle. Du moins est-ce la vision que j´en aie eu de par les activités culturelles et les cours dont la plupart sont á un degré ou un autre imprégnés de cette notion.

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