Accords du vendredi Saint: 10 ans déjà….

Publié le par Kevin

Il y a 10 ans étaient signés les accords dit du « Vendredi Saint », censés mettre fin á 30 ans – ou bien plus si l´on remonte aux racines du conflit - de violence en Irlande du nord.

Un article très intéressant du Taurillon profite de cet anniversaire pour revenir sur la prospérité actuelle de l´ile et l´avenir institutionnel de l´Irlande du Nord et des Iles Britanniques en général.

 

Aujourd´hui, en apparence, l´Irlande du Nord avance rapidement sur le chemin de la paix. Suite au violent conflit des années 70-80 entre l´IRA et l´armée britannique et les milices protestantes, l´Armée républicaine irlandaise a su déposer les armes en position de force. Malgré quelques attentats, du fait des plus extrémistes des deux camps, la paix a pu s´installer. et l´Irlande du Nord commence enfin á connaitre la prospérité du reste de l´ile. La page est-elle définitivement tournée ?

  

Malgré la paix, Tout ne semble cependant pas aussi rose : Aujourd´hui, ce sont les partis les plus radicaux qui á chaque élection remportent de plus en plus de suffrages. Coté Unioniste, le DUP de Ian Paisley, pasteur protestant violemment opposé aux accords du vendredi saint, a véritablement écrasé les modérés de l´UUP de David Trimble aux élections au parlement britannique de 2005. Coté nationaliste, le Sinn Fein (ancienne branche politique de l´IRA) grignote peu á peu l´électorat  du Social Democratic and Labour Party, et l´a pour la première fois devancé aux élections européennes de 2003. Aujourd´hui, sur 18 députés Nord irlandais au parlement britannique, 14 représentent la tendance « dure » (9 DUP et 5 Sinn Fein) et seulement 4 les partis dit modérés encore majoritaire il y a peu ( 1 UUP – unioniste – et 3 SDLP ).

Depuis mai 2007 et jusqu´au mois dernier, le gouvernement issu des accords du vendredi saint était dirigé par un premier ministre unioniste, Ian Paisley, connu pour sa haine des nationalistes irlandais… secondé par un ancien de l´IRA, Martin McGuinness. La démission du premier il y a quelques jours pourrait selon un certain nombre de médias encore  aggraver les problèmes de cohabitation au sein de l´exécutif.

 

D´autres signes peuvent également inquiéter. Par exemple, les écoles interconfessionnelles sont en baisse constante, et en dépit de l´arrêt des violences, chaque communauté semble se replier sur elle-même.

 

C´est dans ce contexte que les catholiques, qui forment actuellement 48% de la population, pourraient devenir majoritaire du fait de l´évolution démographique. ce qui ne peut évidemment rien résoudre. L´Irlande du Sud ou Eire n´acceptera pas une réunification de l´ile qui reviendrait á importer sur son territoire les problèmes de l´Irlande du Nord et une possible reprise des violences, avec cette fois ci les unionistes britannique dans le rôle de la minorité opprimée.

 

Alors, quel avenir pour l´Irlande du Nord ? Seule une logique de gouvernance supranationale semble pouvoir garantir un avenir pacifié pour la région. L´accord du vendredi Saint a esquissé une telle voie ( voir l´article du Taurillon ). Reste á la développer… et si elle réussit s´en inspirer pour les conflits de même nature dans les Balkans ou ailleurs.

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