11 novembre : " N'oubliez pas de faire léger quand vous chantez « Qu'un sang impur abreuve nos sillons » "

Publié le par Kevin

 

Voici un article de O-F Vannes dans lequel on apprend que les enfants des écoles sont réquisitionnés pour chanter la marseillaise aux cérémonies du 11 novembre. Avec cette citation assez extraordinaire de leur professeur de chant :

« N'oubliez pas de faire léger quand vous chantez « Qu'un sang impur abreuve nos sillons ». Pensez à un fil qu'on tire délicatement... ». Tout un programme !

Cet article pose la question de la mémoire que nous voulons transmettre aux générations futures. Deux alternatives sont possibles.

La première est celle choisie peu ou prou (même si bien sur certaines évolutions ont eu lieu depuis 80 ans...) par l’état français encore aujourd’hui : célébrer la victoire de la France sur l’Allemagne, exalter la valeur guerrière de « nos » soldats d’hier à aujourd’hui et les sacrifices des anciens combattants pour la victoire finale sur l’ennemi. Quoi de mieux que d’apprendre aux enfants un hymne national, connu pour sa violence, pour exalter cette vision ?

La seconde est celle de commémorer la boucherie que fut 14-18, et toutes ses conséquences funestes, à commencer par Hitler ; commémorer le décès des soldats morts par la France et tous les Etats-nations engagés dans la guerre ; considérer que ce n’est pas un pays qui est responsable du conflit, mais tout un système d’états nations concurrent, dont les élites ont sciemment choisi de sacrifier les populations à leurs rêves de grandeurs ; célébrer la construction d’une Europe unie, promesse que ces boucheries ne se reproduiront plus.

Dans cette vision dénationalisée, c’est avant tout l’hymne à la joie, emblème de l’Europe débarrassée de ses conflits, qui doit prendre sa place.

 

Dans cet esprit, les cérémonies qui auront lieu à Vannes  (11 h. 30, après les « cérémonies officielles », plateau de la Garenne) et Pontivy (15h15 à l’abbaye Notre-dame de la Joie), si elles ne mettent pas explicitement l’accent sur l’aspect européen et mondial du conflit, sont toutefois bien plus saines que les gesticulations françaises autour du 11 novembre.

A Vannes, « Selon le vœu émis par les anciens combattants revenant du front, il s’agira de rendre un hommage non militaire, sans uniformes et sans armes, afin de célébrer la paix. ». A Pontivy, les organisateurs souhaitent proposer « une Célébration de la Paix, un moment de souvenir et de mémoire autour du grand massacre que fut cette 1ère guerre mondiale qui fit, aussi, basculer le destin et la réalité culturelle et linguistique du peuple breton. »

Ces deux célébrations, loin de glorifier la guerre, mettent l‘accent sur la souffrance des soldats, notamment bretons, jetés dans le conflit. Elles commémorent la disparition de tous ces hommes morts par les états nations, à commencer par la France, dans une guerre qui ne les concernait pas.

 

Il faut dénationaliser (ou plus exactement « dé-état-nationaliser ») les commémorations du 11 novembre ! Pour ma part, cela me ferait très mal que dans quelques années les enfants aient encore à apprendre les valeurs aujourd’hui enseignées dans les écoles de Vannes.

 

PS : j’ai oublié de citer Brest et la « Marche pour la paix » du 11 novembre, couplée à la traversée de la flamme d’Hiroshima en Bretagne. Malheureusement je travaille ce jour là, sans quoi je serai allé au moins à la cérémonie vannetaise...

 

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