Mercredi 15 juillet 2009

J’ai rencontré ce week-end, un peu par hasard, un ancien militant vert et assistant parlementaire de Noel Mamère, aujourd’hui membre du Modem. Pourquoi il a changé de parti ? Pour lui, une partie des membres et de l’électorat du Modem vient de la droite humaniste. Hors, cette droite humaniste est absolument nécessaire pour parvenir à une majorité ca pable de stopper la politique profondément anti-humaniste menée par Nicolas Sarkozy. Il milite donc pour une entente rose-orange-verte dans l’hexagone.

 

Il existe plusieurs familles politiques assez proches du centre : sociaux démocrates, démocrates, démocrates-chrétiens, libéraux-démocrates, écologistes modérés (écolos - démocrates ?). Les liens entre ces différentes familles sont plus ou moins poreux. En Bretagne par exemple, le PS est devenu majoritaire en captant l’héritage politique démocrate-chrétien traditionnel.

Ces familles politiques sont liées par un certain nombre de valeurs communes : parlementarisme, construction européenne, solidarité, consensus en faveur d’une économie de marché régulée, depuis peu sensibilité écologique notamment.

 

Il existe une véritable cohérence idéologique de la famille démocrate réformatrice. Sur tous ces points, des sociaux démocrates seront bien plus proches de démocrates chrétiens que de l’extrême gauche. De la même manière, si on ne peut comparer les projets portés par l’ultra-gauche et l’ultra droite, force est de reconnaître qu’un certain nombre de points ne se retrouvent que dans ces familles politiques, en particulier la nécessité d’un Etat fort, l’anticapitalisme (à nuancer toutefois pour l’extrême droite) et un certain flou sur l’utilisation de la violence en politique (voir pas de flou du tout dans certains cas…). Extrème gauche et droite se retrouvent également, entre autres, sur le refus de l'Europe politique.

 

Une alliance gauche / droite sans cohérence pour gouverner une collectivité n’est pas forcément une bonne idée. Lorsque cette alliance se fait par défaut, du fait d’un défaut de majorité claire au parlement ou d’une forte présence des extrêmes, elle peut ne rien résoudre voir être vecteur de crise. Ni les électeurs de gauche ni ceux du centre, ni ceux de droite ne sont satisfait, on aboutit à de nouvelles élections ou les partis en coalition subissent une défaite, les extrêmes gagnent du terrain et la même coalition revient par défaut au pouvoir, mais encore plus fragilisée. C’est par exemple ce qui s’est passé en Autriche ces dernières années avec la montée de l’extrême droite aux alentours de 30% des voix.

Toutefois, lorsqu’il s’agit d’une entente de mouvements globalement plus proches du centre que des extrêmes, autour de valeurs clairement identifiées, l’effet peut-être probant. Le fonctionnement du parlement européen est ici révélateur : il ne fonctionne pas dans un unique système gauche – droite mais selon une logique transversale qui oblige à une politique de consensus et la recherche d’une nouvelle majorité à chaque vote. Le résultat c’est par exemple le vote très fort qui a condamné la loi HADOPI il y a quelques mois. A un niveau plus local, de nombreuses collectivités fonctionnent également sur ce principe de consensus au centre. Une entente "démocrate" aboutira par nature à moins de contradiction internes et d'avantagesde débats sur des nuances qu'une entente gauche ou droite plurielle.

 

L’axe gauche - droite fait encore sens et contribue à structurer la vie politique. Le considérer comme l’alpha et l’oméga et refuser toute vision transversale comme le font des partis conservateurs, à gauche comme à droite, c’est cependant s’enfermer dans une vision réductrice de la politique et se condamner à ne pas pouvoir traiter sereinement, et de façon claire vis-à-vis des électeurs, toutes les questions transversales. Au premier rang desquels la construction européenne.

 

Légende : contrairement aux idées reçues comme quoi il n'est jamais qu'un mélange infame de blanc et de rouge, le rosé peut-être un vin de grande qualité qui nécessite cependant un vigneron de grande compétence pour donner le meilleur de lui-même.

Par Kevin - Publié dans : Politique
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Mardi 14 juillet 2009

 

La députée de Paris Martine Billard annonce en ce début juillet qu'elle quitte les Verts pour rejoindre le Parti de Gauche de Mélenchon, en réaction à une orientation selon elle trop centriste de la dynamique Europe Ecologie. Elle s'en explique sur son blog :

Pourquoi je démissionne des Verts

Au-delà du débat d'idées, ce départ reflète largement les différences de stratégies électorales entre les deux partis.


La stratégie de Europe Ecologie pour les européennes a été d'ouvrir au maximum la composition de ses listes à des acteurs médiatiques de la société civile, le symbole de cette orientation étant bien sur Eva Joly. Le résultat est que moins de la moitié des députés élus sous la bannière d'EE sont membres des Verts. Quasiment tous ceux-ci sont en outre de nouveaux venus, la majorité des députés sortants n'ayant été réinvestie.

 Pour répondre à leur objectif affiché de concurrencer les socialistes pour la présidence des régions en 2010, les Verts vont certainement utiliser la même stratégie et chercher des personnalités médiatiques. Certains Verts historiques, Cohn-Bendit le premier (ou dans un autre genre Noël Mamère) peuvent correspondre au profil, mais un certain nombre risque de rester sur le carreau lors des prochaines échéances.

Il n'y a plus de place pour la branche  « militante » des Verts et pour une députée qui peut par ailleurs être tout à fait compétente (et est réputée très bosseuse) mais est insuffisamment médiatique.


Dans ce contexte, chez les Verts Martine Billard n'a plus aucune valeur. Elle n'a pas le profil développé au sein la dynamique Europe-Ecologie, que ce soit au niveau des idées (gauche anticapitaliste, opposée au TCE) ou de la stratégie de communication. En 2 mots, c'est une has been.

En revanche, au parti de gauche elle a une valeur énorme : l'écologie est maintenant au centre de l'attention médiatique. Hors Martine Billard n'est pas quelqu'un qui fait de l'écologie depuis que c'est vendeur, c'est une vraie militante, c'est celle qui a le profil pour devenir la Corinne Lepage du Parti de Gauche et suffit par sa seule présence à donner l'image écologiste qui manquait à cette formation.

Le fait de passer au PdG lui permet aussi certainement d'assurer son siège de députée, vu sa valeur son parti négociera avec le PS. Dans leur logique de renouvellement permanent inaugurée aux européennes, ou les députés sortant n'ont dans une large majorité pas été reconduits, les Verts auraient aussi bien pu remplacer aux prochaines législatives Martine Billard par une autre Eva Joly....

Par Kevin - Publié dans : Politique
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Mardi 14 juillet 2009

On apprenait il y a quelques jours que Martine Aubry (maire de Lille en plus d'être 1ère secrétaire du PS), a négocié avec l'un des plus célèbres collectionneurs d'art contemporain au monde, Charles Saatchi, la venue temporaire d'une partie de l'exposition de la Saatchi Gallery (LE lieu référence de l'art contemporain à Londres) dans sa ville.

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http://www.lexpress.fr/actualite/indiscret/la-saatchi-gallery-delocalisee-a-lille_773719.html


Saatchi est en particulier reconnu pour avoir suscité l'émergence du courant des Young British Artists à la fin des années 80 et en particulier de Damien Hirst  (dont l'œuvre permet une discussion sans fin sur la nature et les limites de l'art... à découvrir !). Il s'agit évidemment d'un extraordinaire coup de pub pour la ville de Lille.


Alors que Nantes est la ville de l'hexagone à dépenser la plus forte proportion de son budget entre culture et patrimoine, qu'attend l'équipe de JM Ayrault pour produire un évènement équivalent ? Une vache coupée en 2 (Mother and child divided  - Turner Prize 1995) de Damien Hirst, ça aurait quand même plus de gueule que les loups faméliques que l'on voit actuellement déprimer pour Estuaire dans les douves du château des ducs !



Ce qui amène à une seconde question : quel sens ont des évènements ponctuel comme la biennale Estuaire ou un Saatchi happening pour construire la culture et au delà l'image d'une ville ?

On peut considérer que estuaire a pour principal intérêt de faire du lien entre les agglomérations de Nantes et Saint-Nazaire en plus de représenter un symbole d'ouverture sur l'extérieur (estuaire...). Mais est ce que ça suffit pour faire un vrai projet de territoire ? Est-ce que cela permet de porter l'image d'une ville ou d'un pays ?

En revanche, Estuaire  en investissant différents lieux de vie, en particulier de Nantes, a certainement l'intérêt de permettre un accès plus large du public, une démocratisation plus forte de l'art. De plus, quelques œuvres ont été pérennisées comme les anneaux de Buren près du Hangar à bananes, d'autres devraient prochainement les rejoindre pour contribuer à installer l'art contemporain dans le paysage.


Cependant, il manque un lieu structurant pour l'art, un structure muséale qui soit elle-même une œuvre d'art et puisse servir de véritable symbole et de lieu structurant à la démarche engagée dans le cadre d'Estuaire. Une structure type musée Guggenheim Bilbao (autant prendre les plus grands comme modèle !!) qui a à lui seul fait de la ville une vitrine de l'art contemporain en Europe.


Au-delà d'Estuaire, vu son engagement dans la culture, Nantes aurait probablement les reins assez solides pour contribuer à porter un projet de ce type. Une différence importante avec Bilbao cependant : le musée Guggenheim est le fruit d'une volonté forte de la communauté autonome basque d'agir pour développer l'art et l'image du pays. Nantes est coincée dans une région Pays-de-Loire sans identité, sans projet, sans légitimité. Comment dans ce cadre un projet ambitieux ayant vocation à faire de Nantes LE lieu de l'art contemporain en Bretagne pourrait-il voir le jour sans un soutien de toute la communauté ?

 

Par Kevin - Publié dans : Patrimoine, culture, création
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Dimanche 5 juillet 2009
La dernière affiche du Mouvement des Jeunes Bretons réalisée par Mikael Bodlore, par ailleurs webmestre de l'excellent site eurominority ainsi que de geobreizh.com.
Par Kevin - Publié dans : Parti Breton
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