Mardi 10 novembre 2009

 

Voici un article de O-F Vannes dans lequel on apprend que les enfants des écoles sont réquisitionnés pour chanter la marseillaise aux cérémonies du 11 novembre. Avec cette citation assez extraordinaire de leur professeur de chant :

« N'oubliez pas de faire léger quand vous chantez « Qu'un sang impur abreuve nos sillons ». Pensez à un fil qu'on tire délicatement... ». Tout un programme !

Cet article pose la question de la mémoire que nous voulons transmettre aux générations futures. Deux alternatives sont possibles.

La première est celle choisie peu ou prou (même si bien sur certaines évolutions ont eu lieu depuis 80 ans...) par l’état français encore aujourd’hui : célébrer la victoire de la France sur l’Allemagne, exalter la valeur guerrière de « nos » soldats d’hier à aujourd’hui et les sacrifices des anciens combattants pour la victoire finale sur l’ennemi. Quoi de mieux que d’apprendre aux enfants un hymne national, connu pour sa violence, pour exalter cette vision ?

La seconde est celle de commémorer la boucherie que fut 14-18, et toutes ses conséquences funestes, à commencer par Hitler ; commémorer le décès des soldats morts par la France et tous les Etats-nations engagés dans la guerre ; considérer que ce n’est pas un pays qui est responsable du conflit, mais tout un système d’états nations concurrent, dont les élites ont sciemment choisi de sacrifier les populations à leurs rêves de grandeurs ; célébrer la construction d’une Europe unie, promesse que ces boucheries ne se reproduiront plus.

Dans cette vision dénationalisée, c’est avant tout l’hymne à la joie, emblème de l’Europe débarrassée de ses conflits, qui doit prendre sa place.

 

Dans cet esprit, les cérémonies qui auront lieu à Vannes  (11 h. 30, après les « cérémonies officielles », plateau de la Garenne), Pontivy (15h15 à l’abbaye Notre-dame de la Joie)) et Brest (14h30 sur la jetée du port du château), si elles ne mettent pas explicitement l’accent sur l’aspect européen, sont toutefois bien plus saines que les gesticulations françaises autour du 11 novembre.

A Vannes, « Selon le vœu émis par les anciens combattants revenant du front, il s’agira de rendre un hommage non militaire, sans uniformes et sans armes, afin de célébrer la paix. ». A Pontivy les organisateurs souhaitent proposer « une Célébration de la Paix, un moment de souvenir et de mémoire autour du grand massacre que fut cette 1ère guerre mondiale qui fit, aussi, basculer le destin et la réalité culturelle et linguistique du peuple breton. »

Ces deux célébrations, loin de glorifier la guerre, mettent l‘accent sur la souffrance des soldats, notamment bretons, jetés dans le conflit. Elles commémorent la disparition de tous ces hommes morts par les états nations, à commencer par la France, dans une guerre qui ne les concernait pas.

 

Il faut dénationaliser (ou plus exactement « dé-état-nationaliser ») les commémorations du 11 novembre ! Pour ma part, cela me ferait très mal que dans quelques années les enfants aient encore à apprendre les valeurs aujourd’hui enseignées dans les écoles de Vannes.

 

PS : j’ai oublié de citer Brest et la « Marche pour la paix » du 11 novembre, couplée à la traversée de la flamme d’Hiroshima en Bretagne. Malheureusement je travaille ce jour là, sans quoi je serai allé au moins à la cérémonie vannetaise...

 

Par Kevin - Publié dans : Société
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Mardi 10 novembre 2009

 

J’étais présent hier soir place de la mairie à Rennes, avec la section locale des Jeunes européens, pour célébrer les 20 ans de la disparition du mur de Berlin. Un grand mur de cartons a été érigé en travers de la place, décoré d’inscriptions, puis abattu en présence de la presse, de plusieurs élus et de nombreux rennais.

 

Le 9 novembre 1989 constitue une date clef de l’Histoire de l’Europe : c’est la date symbolique de la réunification du peuple allemand après presque 50 ans de séparation ; c’est aussi le symbole de la fin des régimes dictatoriaux d’Europe de l’Est (même si malheureusement certains sont vite réapparus sous une nouvelle forme) ; et surtout, c’est une étape fondamentale de la construction d’une nouvelle Europe unie dans la diversité.

 

Ironie de l’Histoire, ce 9 novembre jouxte une autre date clef de l’Histoire contemporaine de l’Europe : le 11 novembre, date de la fin de la boucherie de 14-18. Au lieu d’une cérémonie ringarde autour de la victoire de la France sur l’Allemagne en 1918, il serait probablement plus intéressant de regrouper 9 et 11 novembre pour une célébration autour de la fin des conflits sur le continent et de la construction d’une Europe de la paix.

Les photos bientôt !


Par Kevin - Publié dans : Europe
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Lundi 2 novembre 2009
C'est le titre d'une tribune intéressante, en particulier quand à sa conclusion, que je vous laisse découvrir ici. Bonne lecture !
Par Kevin - Publié dans : L'exception culturelle française
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Jeudi 22 octobre 2009

Deux actualités de la semaine sont assez amusantes à mettre en parallèle.

 

La première c’est l’éditorial cirage de pompe (pour rester poli) d’Etienne Mougeotte dans Le Figaro de vendredi dernier. A l’occasion de la parution d’une interview de N. Sarkozy, l’ancien numéro 2 de Tf1 (ya des lourds antécédents !) et actuel directeur des rédactions du quotidien de droite fait œuvre hagiographique et en profite pour défendre implicitement mais on ne peut plus clairement la nomination de Sarkozy fils à l’EPAD.

Cet éditorial a suscité la fureur de nombreux lecteurs sur le site du Figaro, à tel point que la fonction commenter à été temporairement supprimée et que de nombreux commentaires ont été supprimés sans justification, d’après un article de Rue89 qui publie certains de ces derniers. 

 

 

La seconde, c’est la parution du rapport annuel de Reporters sans frontière sur la liberté de la presse dans le monde. Sans surprise, la France, qui n’avait déjà pas un classement très reluisant, dégringole encore pour arriver à la 43ème place, derrière la quasi-totalité des états européens.

Au-delà des problèmes de l’année (plainte du chef de l’Etat contre différents organes de presse, interpellation à 7h du matin du directeur de la publication de Libé devant ses enfants pour une affaire négligeable, etc), la France a la réputation d’être l’un des états d’Europe ou la presse est traditionnellement la plus soumise au pouvoir politique. Elle serait d’ailleurs le pays champion d’Europe pour les gardes à vue de journalistes.
Un autre état d’Europe dégringole au même rythme que la France : l’Italie, avec la mafia, les journalistes pouvant encore aujourd’hui être menacés physiquement, mais aussi l’extrème droite (Ligue du Nord) au pouvoir et Berlusconi qui a déclaré la guerre aux médias ne lui appartenant pas en propre. Belle comparaison !

 

Par Kevin - Publié dans : L'exception culturelle française
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