Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 20:18

Ce blog est désormais en stand-by pour une période indéterminée : j'ai en effet souhaité rejoindre l'équipe du site Sterne et y publierai désormais mes articles sur toutes les questions de société. Quand à L'interdépendance, il est possible que je le reprenne dans quelques temps afin d'y poster des articles purement culturels. Gwelet e vo...

A très bientôt j'espère.

Par In(ter)dépendant - Publié dans : Ma vie, mon oeuvre
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Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 00:17

ministere-logo-sg-copie-1.jpg C’est officiel depuis ce 23 avril : la tauromachie est officiellement recensée au patrimoine immatériel de l’hexagone*. La France est donc le premier état à classer officiellement la tauromachie au patrimoine, alors même que la Catalogne a aboli cette activité en 2010. Ce choix a bien évidemment réjouit les tenants de cette activité, et suscité la colère des défenseurs des animaux. Alors que la corrida est attaquée depuis plusieurs années sur le plan éthique, ses défenseurs s’appuient donc désormais sur l’aspect patrimonial et culturel. Pour ma part ce classement me pose deux grandes questions :

 

Tout d’abord sur la façon dont on traite – et dont on tue - les animaux aujourd’hui. Bien évidemment, la tauromachie est une pratique assez ignoble. Mais elle ne concerne qu’un nombre très marginal d’animaux comparé par exemple aux poulets passant toute leur vie en cage ou au bétail abattu de façon tout sauf sympathique dans els abattoirs. Demander ‘larret de la tauromachie, c’est très bien au plan symbolique mais ca ne règle pas les problèmes de fonds qui se situent plutôt du coté de l’élevage industriel. Même sans parler de régime végétarien (ce que je ne suis pas), est-il logique et éthique de demander l’arrêt de la tauromachie tout en continuant à manger trois fois plus de viande que ce qui est recommandé par les nutritionnistes ? Cette polémique pourrait aussi servir à poser ce type de question.

Le problème de la tauromachie c’est que c’est une activité visible et mise en avant, alors que personne ne va dans les abattoirs admirer le spectacle, et tout le monde est bien content de ne pas savoir ce qui s'y passe. Faire interdire la tauromachie comme activité sportive et artistique sans rien changer à des pratiques alimentaires qui ne sont pas plus justifiées serait finalement passer à coté du fond du problème.

 

Concernant l’aspect plus purement patrimonial : évidemment, la tauromachie a un caractère culturel – exactement comme, par exemple, les jeux bretons - ce n’est pas le problème. La question, c’est quel sens on donne au patrimoine. Le patrimoine a toujours un sens actuel, on ne le conserve pas juste pour le conserver, on conserve des pratiques qui donnent du sens et une identité à la société d’aujourd’hui. Qu’on le veuille ou non la mise en valeur du patrimoine a donc un aspect éminemment politique. On ne peut évidemment pas tout conserver, et il y a toujours des choix de faits. Ces choix montrent quelles valeurs la société veut porter. Quelles sont alors les valeurs portées par la tauromachie ? Veut on conserver ces valeurs dans la société de demain ? Pour moi la réponse est tout vue.

Le collectif des vétérinaires pour l’abolition de la corrida fait d’ailleurs sur son blog une remarque intéressante que je reproduis ici : La définition du patrimoine culturel immatériel, telle que présentée par le premier paragraphe de l'article 2 de la Convention de 2003 [ND : convention de l’UNESCO demandant le classement du patrimoine immatériel, dans le cadre duquel  se retrouve désormais la tauromachie], fait explicitement référence aux "exigences du respect mutuel entre les communautés, les groupes et les individus". La corrida est l'enjeu d'oppositions éthiques extrêmement fortes entre des groupes de pensée, et ne saurait donc, au moins pour cette raison, satisfaire à cette définition.

 

Concernant la promotion de la tauromachie, je ne suis pas à la place des occitans ou des espagnols. Par contre, ce classement veut dire que l’art  d’assassiner le taureau se retrouve catalogué au sein du patrimoine immatériel… en compagnie du fest-noz. Déjà que ça me faisait suer de voir le fest-noz classé patrimoine français, mais alors en compagnie de la tauromachie, non merci. Nous n’avons pas les mêmes valeurs, et vivement que le fest-noz soit reconnu patrimoine international directement au sein de l’Unesco.

 

* La liste complète directement sur le site du ministère.

Par In(ter)dépendant - Publié dans : L'exception culturelle française
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 19:56

 

Me baladant sur le BondyBlog, je suis tombé sur une intéressante série d’articles* consacrés à la langue de Villiers-Le-Bel (95). De quoi s’agit-il ? D’un langage « créé » depuis une dizaine d’année par les jeunes de Villiers, qui reprend des expressions et du vocabulaire des différentes langues parlées au sein des minorités présentes dans la ville. Dixit l’article du BondyBlog, « il s’agit désormais d’un « langage » à part entière qui nécessite un apprentissage - On a créé une langue que tu peux parler, où que tu sois, dans le XVIe ou en banlieue. » Un dictionnaire est d’ailleurs en projet. La où ça devient particulièrement intéressant, c’est quand certains intervenants assument le communautarisme de la démarche, le refus de l’assimilation à la française et la volonté d’être acteurs de sa culture, et se comparent au breton et au catalan.

Alors y a-t-il des choses à comparer  dans les situations respectives ? Etant tout sauf spécialiste en sociolinguistique, quelques points m’ont tout de même posé question. D’abord un point commun entre les deux situations : la démarche d’utilisation d’une forme d’expression distincte relève à la fois –en négatif – d’un sentiment d’appartenance à une minorité exclue par les normes étatiques et sociales de la majorité en général et d’une réponse à une volonté d’exclusion de la part de la culture française majoritaire et, – en positif – d’une volonté d’être acteur  de ses référents culturels. Les différences ensuite : à Villiers on trouve en sus la dimension territoriale, ou – au sein d’une même génération – tous parlent la même langue, alors que pour le Breton les locuteurs se retrouvent quasi-uniquement en fonction d‘affinités culturelles ou militantes. En Bretagne, la langue a été passée par pertes et profit dans l’identité collective des jeunes bretons.  De la même façon, l’aspect social joue à Villiers le Bel – on est par exemple en ZEP, et certains interviewés soulignent l’absence de perspective pour les jeunes, et (donc ?) le renforcement du sentiment d’appartenance.

L’aspect négatif, c’est que si on en arrive à cette langue de Villiers, c’est probablement – même si l’article du BondyBlog ne le dit pas – parce que les langues employées par la génération des parents n’ont pas été transmises – comme pour le breton finalement -. Chacun voit midi à sa porte, mais pour ceux qui auraient voulu l’apprendre, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas été aidés par le système éducatif. Donc finalement c’est un plus… pour un moins.

Cet exemple de Villiers-le-bel a tendance à confirmer que le modèle français un peuple, une langue, une culture est en train de craquer. Au-delà de l’aspect social, ghettoisation des banlieues, etc, qui sous-tend la situation des banlieues comme Villiers-le-Bel,  cela montre aussi l’installation de fait d’un multiculturalisme. Le cas de Villiers le Bel m’a d’ailleurs fait penser à la mercuriale d’avril de JPLM sur le site contreculture, sur la relation culture dominante/dominée dans le cadre français, mais aussi la volonté d’être acteur et le refus de se laisser imposer une norme culturelle. Concernant le breton, l’enjeu aujourd’hui n’est peut-être pas de cracher sur l’état parce qu’il a flingué le breton ou qu’il donne pas assez de moyen. Aujourd’hui la culture sous toutes ses formes passe de toute façon de moins en moins par l’Etat (que ce soit au niveau financier ou des normes imposées). L’enjeu premier est plutôt de présenter un projet positif et attirant pour le breton. Plus facile à dire qu’à faire, mais déjà c’est un état d’esprit à inventer et réinventer.

 

*Les trois articles consacrés à la langue de Villers : ici, ici et ici

 


Par In(ter)dépendant - Publié dans : Pour une société multiculturelle
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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 21:23

Une nouvelle revue culturelle arrive en Bretagne. C’est gratuit, ça s’appelle Bikini, sous titré « société et pop culture ». Bimensuel, une cinquantaine de pages en format A5, distribué dans les lieux culturels, les facs…

 yellebikini.jpg

 

Comme souligné dans l’édito, Bikini a pour ambition de traiter « avec la même considération l’ensemble des phénomènes. Qu’ils soient minoritaires ou grand public, émergents ou installés, indé ou institutionnels. […] Bikini se revendique mainstram et pointu, spécialisé et transversal. Le dynamisme culturel est une réaction en chaîne à tous les niveaux. Seule l’action est importante, pas son domaine d’exécution ». En tout cas, la bonne intention est là.

On commence par une quinzaine de pages de brèves ou de courts articles : principalement des annonces de concerts et autres évènements culturels (une expo sur le nanar, pardon, le cinéma de haute volée en Bretagne dans les années 70, mais aussi danse, jeux vidéos…), parfois en mode rubriques décalées : sélection des concerts à ne pas voir, quel concert voir avec son petit frère… Le tout complété par quelques sujets plus éclectiques : en vrac, les développement des coffee house, les marques de fringues bretonnes et pourquoi toutes les boutiques Marc Dorcel de l’hexagone se trouvent chez nous, sans oublier la dispensable rubrique foot bzh.

Place ensuite aux choses sérieuses : les présentations d’une dizaine d’artistes qui feront l’actu en Bretagne dans les deux prochains mois : musique principalement (I come from pop, Yelle…) mais aussi bd et street-art. Un beau panorama, avec mention spéciale au trio electro-rock brestois Im Takt et aux québécois de Misteur Valaire.

Des articles thématiques complètent le tableau. En vrac : les jeunes charrues (rétrospective intéressante), rencontre avec un raëlien de Rennes (un peu foireux comme sujet…), les toilettes publiques en Bretagne (Oui on apprend des trucs. Si, si…) le renouveau du roller derby (chouette article sur ce sport réservé aux filles, et ou pas mal de coups sont permis ; ambiance punk, trash, sexy), et surtout « la plouc culture est-elle branchée ? ». Mention spéciale : entre l’interview d’un vendéen - MC circulaire -, les raccourcis et les caricatures, le résultat est à la fois collector et franchement moyen. C’est dommage car le sujet était loin d‘être inintéressant, autour des questions de revalorisation de cultures marginales, mais pour lui donner de l’intérêt il aurait fallu aller un peu plus loin que le paté hénaff et la bavaria. A mélanger ramoneurs de menhirs et mc circulaire, stered et à l’aise breizh, ca donne juste l’impression d’une barrière étanche entre les bouseux bretons d’un côté et la culture contemporaine de l’autre. Et silence sur toute la culture contemporaine bretonne. Bref, labour zo, comme disent les ploucs… Un prochain numéro sur Skilda, DJ Blue ou même Tal-Coat ?

 

Au final, l’impression reste globalement positive. Les articles sont bien écrits, abordent des sujets intéressants et décalés, et sont accompagnés de photos sympas. Mention spéciale aux titres, entre « chattes roulettes » et « désir d’avenir ». Tout ça apporte beaucoup d’idées de sorties… Un gros passif en revanche : ce magazine consacré à la culture en Bretagne… a oublié la Loire-Atlantique en chemin. Dans tous les cas, pour un magazine s’affirmant breton, c’est foireux. Lorsqu’en plus il est spécialisé dans la culture,  ça devient carrément impardonnable. Et dans le cas de la pop culture, c’est d’autant plus con que Nantes est de loin la ville bretonne la plus dynamique. Du coup on cherche vainement la chronique des concerts à l’Olympic ou l’actu du Lieu Unique. Espérons que les rédacteurs sauront corriger le tir sur leur définition de la Bretagne, d’autant plus qu’à part ça et les erreurs de jeunesse, Bikini apporte un bon moment de détente et un éclairage culturel intéressant… pour une partie du pays.

Par In(ter)dépendant - Publié dans : Patrimoine, culture, création
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 00:32

Pour compléter l’article précédent, une analyse cette fois-ci basée sur le nombre de sièges obtenu par chaque parti en Bretagne.

 

PS : - 5 Au niveau breton, le PS perd 11 sièges par rapport à 2004 : 9 sont conquis par la droite, Vertou, Nort-sur-Erdre, Varades et Paimboeuf (44), Saint-Malo Sud (35), Pont-Croix (29), Corlay, Evran, La Chèze (22), auquels il faut rajouter Perros-Guirrec (donné à EELV) et Carhaix (Conquis par C. Troadec). Il gagne 6 sièges : 4 sur la droite, Plabennec (29), Pipriac (35) Pluvigner, Saint-Jean Brévelay (56), un sur EELV (Saint-Nazaire Ouest – 44), un sur le PCF (Rostrenen – 22). Bref plutot en recul même si ça ne change rien aux rapports de force dans les départements.

UMP / divers droite : + 4  La droite remporte 10 cantons de plus qu’en 2004, tous face à la gauche : 4 en Loire-Atlantique, 3 en Cotes d’Armor,  Pont-croix (29), Guéméné sur Scorff (56), Saint-Malo Sud (35). Elle en perd 6, 5 face à la gauche (Gourin, pluvigner, Saint-Jean (56), Plabennec (29), Pipriac (35)), plus Bain-de-Bretagne transmis au Modem.

EELV : --  Europe Ecologie perd Saint-Nazaire Ouest mais gagne Perros-Guirec, et reste à un siège pour toute la Bretagne. Malgré la progression du vote écologiste en particulier à Rennes et Nantes, traduit par le nombre important de candidats présents au second tour, EE reste marginalisée du fait du mode de scrutin impitoyable pour la « troisième force ». Si pas d’accord avec le PS, pas de siège…

PCF – Front de gauche : - 2  Le PC perd deux sièges : Rostrenen pris par le PS et Guéméné sur Scorff ou le candidat soutenu par l’union de la gauche est défait par l’UMP. Il ne garde donc que 5 cantons en Bretagne : Saint-Nicolas du Pelem (réélu avec le soutien du PS),  Bégard, Collinée (22), Montoir-de-Bretagne (44) et Hennebont (56), ces quatre derniers élus en 2008. Le Front de Gauche fait des scores généralement en progression par rapport aux précédents scrutins mais est incapable de conserver ses fiefs.

Modem : + 1  Le modem qui n’avait pas de sortant remporte le canton de Bain-de-Bretagne avec un  candidat soutenu par l’ensemble de la droite. Cette victoire symbolise l’orientation du parti, plus proche de la droite en Bretagne à quelques exceptions prêt (Rennes et Loire-Atlantique principalement). A Saint-Brieuc, le candidat Modem est battu par le PS.

MBP : +2  Le nouveau Mouvement Bretagne et Progrès remporte les cantons de Carhaix et Gourin, sur le PS et l’UMP. Florent Hilliou présent à au second tour à Bannalec est battu par le PS.

 

Au final, peu de changements. La droite battue au niveau français gagne à l’inverse quelques sièges en Bretagne. Le rapport de force lui évolue malgré tout plutôt vers la gauche : les gains UMP/DVD se font dans des départements, Cotes d’Armor et Loire-Atlantique, ou la gauche dispose d’une majorité à la soviétique, et ne changeront strictement rien. A l’inverse le PS continue à Grignoter des positions dans le Morbihan. L’UMP n’y a plus que six sièges d’avance, et le département pourrait bien basculer dans les prochaines années. Modem, EELV et Front de Gauche, malgré des résultats parfois très solides, restent marginaux au niveau départemental. La seule nouveauté importante est peut-être l’entrée en lice du mouvement Bretagne et progrès. Reste à voir si le MBP va s’affirmer en tant que mouvement politique propre ou si ses élus vont simplement s’afficher comme divers-gauche sans d’avantage se mettre en avant.

Par In(ter)dépendant - Publié dans : Politique
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